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considérations très techniques font que Norman continue
d’utiliser les chiens pour se déplacer durant l’hiver.
Les chiens vont absolument partout, dans des endroits qui resteront
toujours inaccessibles aux machines, notamment en cas de trop forte
déclivité. Pour cette raison, en de nombreux endroits,
les montagnes rocheuses sont restées très sauvages car
il est tout à fait exceptionnel que les conditions climatiques
permettent aux motoneiges de traverser.
De plus, un attelage de chiens de traîneau dérange moins.
Lynx, carcajous, renards, coyotes aiment suivre les traces des chiens
et utiliser leurs pistes. Déjà tassée, la neige
est plus dure. Ils fournissent ainsi moins d’efforts et dépensent
moins d’énergie.
Des calories précieuses qu’ils réservent à
combattre le froid durant le long hiver plutôt qu’à
des déplacements fatigants ou inutiles. Comme le chien représente
pour eux un animal parmi tant d’autres, ils ne sont pas effrayés,
voir même plutôt curieux.
Cette
attirance pour l’odeur du chien est loin de desservir Norman
car les animaux ne fuient pas les territoires qu’ils visitent
et, en certains points stratégiques ils déposent même
quelques pièges le long de cette piste. Norman à depuis
bien longtemps pris la décision, envers et contre tous de garder
ses chiens, pour une raison toute simple : leur compagnie. La complicité
qui lie Norman et ses chiens est irremplaçable. Compagnon indéfectible,
l’animal soutient l’homme dans sa quête d’authenticité.
Une amitié réelle qui ne s’encombre jamais de
faux-semblants et dont l’essentiel se traduit par un regard
droit et franc. Les mots sont superflus car les chiens reçoivent
toutes les émotions mais ils écoutent tout de même,
avec un regard plein de tendresse, les plus douces paroles. Plus que
jamais, durant les longs mois d’hiver, Norman vit en osmose
avec ses chiens.
Il vibre à l’unisson dans cet univers qui est le leur
et dont rien ne vient parasiter la quiétude. Une relation qui
ne peut qu’enrichir un homme dans ces immensités et l’empêcher
de devenir fou à force de solitude. C’est pourquoi Norman
essaie de maintenir une relation forte avec ses chiens, il doit bien
sûr être obéi et respecté pour la bonne
marche de l’attelage, mais il ne veut surtout pas être
un homme trop dominant, suscitant la crainte plus que le respect.
Une relation basée sur la confiance lui permet d’obtenir
beaucoup de ses chiens. Il a ainsi établi sa place, elle est
aux côtés de la meute et non au-dessus. La nuance est
importante car il se différencie de ses chiens pour ne pas
susciter de jalousie, pour créer avec chacun d’eux une
relation personnalisée, sachant aussi entendre ceux dont le
mental réclame plus d’attention, d’encouragements
aussi. Certains chiens apprécient moins l’intrusion de
l’homme dans la vie de la meute, et sans pour autant le détester,
ils s’investissent moins dans une relation affective avec l’être
humain car leurs rapports avec les autres chiens leur suffisent. Il
faut aussi savoir respecter cela. Chaque chien est différent
et réclame une attention particulière. Ces échanges
d’homme à animal font partie de la vie de Norman. Sans
les chiens, la motivation ne serait plus la même. |
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