|
 |
|
 |
es
trappeurs tels que Norman utilisent essentiellement le cheval comme
mode de locomotion. Pour voyager, le cheval représente un avantage
par rapport aux chiens : pas besoin de transporter de la nourriture.
Si on laisse aux chevaux suffisamment de temps de repos, ils le mettent
à profit pour brouter. Quand on ne leur donne aucun complément
en grains, on les laisse en liberté avec des entraves aux antérieurs
afin de leur octroyer une superficie suffisamment étendue pour
qu’ils s’alimentent. C’est un bon compromis, car
ils sont capables de se déplacer en sautillant sans pour autant
s’éloigner trop ; mais cela reste théorique car
certains chevaux plus agiles que d’autres, même entravés
des quatre membres, sont susceptibles de faire plusieurs kilomètres
en une nuit. Dans ce cas, on repère le cheval dominant, celui
que les autres suivent, et on le laisse attaché pendant que
les autres restent en liberté, puis on inverse.
Le cheval étant un animal très grégaire, il ne
s’éloigne jamais trop s’il est seul et revient
vers ses congénères. Norman se déplace avec deux
chevaux, un qu’il monte et un bâté, qui transporte
le matériel de camp et la nourriture. À l’aide
d’une cordelette, il tient ce dernier ou l’attache à
sa monture pour l’empêcher de traîner derrière.
En effet, le cheval bâté essaie toujours d’attraper
une touffe d’herbe par-ci, par-là et risque de renverser
tout son chargement par terre en rattrapant au galop le cheval de
selle. Il peut aussi être tenté de s’aventurer
dans des passages trop étroits et rester coincé par
les sacs de bât entre deux arbres. Cette corde doit donc être
solide pour ne pas casser en cas de résistance, mais pas trop
afin que le cheval de bât ne soit pas entraîné
dans une chute éventuelle du cheval de selle.
Les contraintes et avantages du cheval
Le
côté contraignant du voyage à cheval, est que
l’animal est très craintif, qu’il panique plus
ou moins vite en fonction des individus et de la confiance qu’il
accorde à l’homme, et surtout, il reste très imprévisible.
C’est principalement pour cette raison, et compte tenu de sa
force phénoménale, qu’il faut toujours rester
très prudent. D’ailleurs, Norman préfère
voyager avec des chiens, même s’il reconnaît volontiers
que les chevaux sont des animaux sympathiques et bien pratiques l’été.
Ils lui permettent d’avaler les kilomètres à travers
les montagnes, les bois, partout où un canot ne peut aller,
sans compter qu’ils sont assez puissants pour transporter beaucoup
de matériel. Un cheval a le pied sûr, il passe à
peu près partout en montagne si la pente n’est pas trop
raide. La profondeur de l’eau ne pose pas de problèmes
non plus pour les traversées de rivière, car il est
très bon nageur. Par contre, un courant trop fort peut emporter
un cheval déstabilisé et que sa charge empêche
de retrouver l’équilibre.
Le cheval est aussi un agréable compagnon de chasse. En selle,
on peut jouir d’une meilleure vue d’ensemble et on peut
même pister les animaux car la plupart ne se méfient
pas du cheval, dont l’odeur couvre celle du cavalier. Et, si
la chasse s’avère fructueuse, il permet par exemple de
transporter toute la viande d’un élan en une fois. En
revanche, le temps d’utilisation des chevaux est très
court : pas plus de quatre mois par an.
Dès que l’herbe jaunit, ses qualité nutritives
s’amoindrissent et, au fin fond du “bush”, Norman
ne peut leur apporter un complément alimentaire.
Le reste du temps, il confie ses deux chevaux à un ami qui
s’en occupe pendant l’hiver tandis que les chiens prennent
le relais. |
 |
 |
|