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DERNIER TRAPPEUR aborde des thèmes simples et universels qui
parleront à ceux qui aiment la nature et à ceux qui
veulent mieux la connaître…
Les “vrais” trappeurs, les David Crockett, les Jeremiah
Johnson de notre enfance n’existent plus. Devant la diminution
du prix des fourrures, les trappeurs d’aujourd’hui se
sont mis à employer des techniques modernes de déplacement
et de chasse, de façon à pouvoir trapper sur de plus
grands territoires.
Pour prélever plus de peaux, ces “nouveaux trappeurs”
se sont mis à occuper les territoires laissés libres
par tous ceux qui ont regagné les villes et de l’argent
plus facile. Désormais, ils utilisent l’avion, la motoneige,
le téléphone portable et des moyens électroniques
de communication avec des services de météo et de détection
des grands mouvements des troupeaux de caribous ou de bœufs musqués…
Ils sont devenus des trappeurs modernes à l’image de
nos paysans qui, depuis leur tracteur climatisé et automatisé,
programment sur leur ordinateur de bord, la profondeur de labour ou
la dose de maïs à semer.
Pourtant, il reste quelques uns de ces irréductibles trappeurs
qui conservent encore les rudiments d’une ancienne philosophie
de l’adaptation de l’homme à la nature. Un de ces
trappeurs s’appelle Norman Winther. Il trappe depuis toujours
et n’a pas besoin de toutes ces choses que la société
pourrait lui offrir. Il est un des derniers représentants d’un
certain art de vivre en harmonie avec la nature.
Norman,
sa femme Nebaska, et leurs chiens se nourrissent du produit de la
chasse et de la pêche. Son traîneau, ses raquettes, sa
cabane, son canoë, il les fabrique lui-même avec le bois
et l’écorce qu’il prélève dans la
forêt. Nebaska tanne le cuir à l’ancienne, comme
le faisaient autrefois les Indiens Sekanis avec le tanin contenu dans
la cervelle de l’animal, puis en fumant la peau. La trappe des
lynx, castors, martres, loups et wolvérines leur fournit le
reste.
Une fois par an, au printemps, Norman effectue le voyage jusqu’à
Whitehorse ou Dawson, les deux principales villes du Yukon, pour y
échanger les peaux contre le peu de choses dont il a besoin.
Il y a quelques années de cela Norman avait acheté une
motoneige qui ne lui causa que des mésaventures. Alors il s’est
résigné et a repris les chiens, ses chiens qu’il
aime tant et qui le lui rendent bien. Eux, au moins, ne tombent pas
en panne ! Ils sont silencieux et se rendent disponibles au moindre
signe de vie attentifs à la majestueuse grandeur des paysages
qu’ils traversent.
C’est pour tout cela que Norman trappe. Le Grand Nord est en
lui et Nebaska le porte en elle, dans son sang car la taïga est
la mère de son peuple… Elle ne comprend pas ses frères
qui ne savent plus lire les traces d’un lynx dans la neige.
Elle ne comprend plus non plus son peuple qui va se brûler les
ailes auprès du mirage doré des grandes villes, de l’alcool
et de la drogue.
Norman et Nebaska savent qu’un paysage n’existe que par
les relations qu’il a avec ses animaux, ses plantes, ses rivières,
ses vents et même ses couleurs. Leur sagesse provient de cette
relation profonde et particulière qu’ils entretiennent
avec la nature.
Lorsque Norman suit la piste d’un animal, il l’étudie
longuement, dans l’intention de comprendre quelle est la propre
perception que l’animal a de son environnement : ce que les
Indiens appellent “l’umwelt” d’un animal sauvage.
Nebaska dit que “la plupart des hommes blancs sont incapables
de comprendre cela car ils n’analysent pas l’espace en
fonction de la perception que chaque animal peut avoir. Ils appréhendent
un environnement unique,
celui de l’être humain ».
Comprendre cela, ressentir cette respiration particulière de
la terre, c’est comprendre pourquoi Norman est le dernier trappeur
à tourner le dos à la vie moderne qu’il compare
à une pente sur laquelle on glisse les yeux fermés.
Norman est un sage persuadé que la notion de
partage et d’échange avec la nature est essentielle à
l’équilibre de ce drôle d’animal qui se trouve
au sommet de la chaîne alimentaire : l’homme.
C’est pour cela, que Norman a accepté l’idée
de faire ce film, pourtémoigner, pour laisser derrière
lui une trace qui ne soit pas aussi éphémère
que toutes celles qu’il a si souvent laissées dans la
neige. |
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