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un grand nombre de citadins, totalement coupés de ce qu’est
la réalité de la nature, le trappeur est un homme qui
tue des animaux. Il y aurait donc une densité plus forte d’animaux
sur un territoire non exploité par un trappeur. Ce qui est
bien entendu totalement faux.
Une forêt, à la condition bien sûr qu’elle
soit exploitée avec intelligence, produira plus d’arbres
qu’une forêt où l’homme n’interviendra
pas, avec une qualité de bois bien supérieure.
Le bûcheron (on ne parle pas ici des grosses compagnies forestières
qui dénaturent les forêts et effectuent des coupes à
blanc) élimine les vieux arbres ou les arbres en surnombre
afin que d’autres puissent profiter pleinement de la place qui
leur est ainsi faite pour se développer. Avant qu’ils
ne dégénèrent, il coupera aussi les arbres arrivés
à maturité en prenant soin de laisser assez d’adultes
pour assurer une bonne régénération.
L’homme ici occupe parfaitement sa place. Il profite d’une
quantité de bois qui va lui servir pour une quantité
de choses, et la forêt profite de son intervention raisonnée
et réfléchie. C’est un échange de bons
procédés.
Le trappeur agit sur un territoire de la même façon.
Par son intervention de prédateur intelligent, il va dynamiser
les populations d’animaux.
Ceux-ci vont se mettre à produire plus, car la nature a horreur
du vide, et les animaux seront plus sains et en meilleure santé.
Cette part est celle qui revient à l’homme qui, quoi
qu’on en dise et quoi qu’on fasse, appartient à
la nature et y a sa place. Certes la nature peut se débrouiller
sans l’homme, mais ils y perdent tous les deux. Dès lors,
pourquoi ne pas vivre ensemble ?
Pourquoi créer un monde artificiel avec la nature d’un
côté, l’homme de l’autre alors qu’ils
pourraient si bien vivre ensemble ? C’est ce que les trappeurs
peuvent nous montrer, c’est ce qu’ils ont à nous
réapprendre. Cette philosophie de l’adaptation de l’homme
à la nature est ce qu’il y a de plus beau dans cette
façon qu’avaient de vivre ces hommes de la nature (Indiens,
Inuits et trappeurs) que nous avons voulu absorber en leur inculquant
une soit disant façon moderne de vivre. Une façon dont
on sait aujourd’hui qu’elle ne fait que détruire
cette terre maintenant malade, sur laquelle, il nous faut pourtant
bien vivre à moins d’aller à la recherche d’une
autre planète que nous détruirons à nouveau avant
d’aller en “user” une autre.
L’homme deviendra alors le parasite de l’univers, le tique
humanitaire qui sucera tout le sang de chacune des planètes
sur laquelle il se posera en les condamnant du même coup. Alors
que l’homme pourrait être si formidable.
Le trappeur, modèle d’avenir
L’homme
est un animal parmi tant d’autres, doté de quelque
chose d’unique et de formidable : l’intelligence, qu’il
utilise si mal puisqu’il ne cesse de détruire la terre
sur laquelle il vit. Tous les scientifiques s’accordent à
dire que l’espèce humaine ne survivra pas aux blessures
que nous infligeons irrémédiablement à celle
qui nous fait vivre : cette si belle terre que nous partageons avec
d’autres animaux que nous entraînons dans notre chute.
Pourtant si par notre faute beaucoup d’espèces disparaissent
de façon irréversible, tout le monde est d’accord
aussi pour dire que se sont eux qui habiteront bientôt la
terre sans nous.
Pourtant l’homme avait tout pour vivre heureux ici. C’était
l’animal le plus haut placé sur l’échelle,
celui qui était censé contrôler celle-ci en
intervenant de façon intelligente et
raisonnée. Aujourd’hui deux voies s’offrent à
l’homme : continuer à détruire en condamnant
l’humanité du même coup. C’est ce qu’il
continue à faire malgré les mises en garde de plus
en plus nombreuses de ceux qui savent, ou changer sa façon
de faire et de vivre avec la nature.
Le trappeur ou le bûcheron est un modèle d’avenir,
il montre ce que l’homme peut faire de mieux et comment y
arriver.
Certains disent : la nature se porte mieux sans nous. Certes, les
mauvais bûcherons que sont ces entreprises forestières
lucratives et aveugles qui saccagent nos forêts, sont aussi
destructrices que ces chasseurs modernes du dimanche qui n’ont
d’autres buts que de s’amuser, de jouer avec des oiseaux
qu’ils achètent souvent dans le seul but d’en
avoir plus à tuer et qu’il ne mangent même pas.
Sauver la nature
De grâce, ne faisons pas la dramatique erreur (qui est pourtant
faite) de jeter tout le monde dans le même panier. C’est
aller contre ce qui sauvera l’homme et la nature. La meilleure
preuve en sont ces parcs créés un peu partout dans
le monde au milieu de ce siècle. Il s’agissait, à
un moment où l’on a commencé à s’apercevoir
que l’homme ne pouvait pas impunément et indéfiniment
prélever tout et n’importe comment, d’imaginer
et de créer des espaces protégés. Il s’agissait
de protéger la nature de l’homme : une aberration sous
forme de constat.
Puisque nous sommes définitivement incapables de vivre avec
la nature, créons des endroits où elle survivra sans
nous !
Ces parcs ont permis de sauver des espèces animales, quelques
fleurs et surtout d’empêcher que de fabuleux paysages
ne soient à jamais dénaturés par l’expansion
de l’humanité qui aime à “coloniser”
et à “urbaniser” les endroits les plus féeriques
de notre monde.
Mais ces parcs ont aussi permis de mettre en lumière les
limites de la non intervention de l’homme qui s’est
soldée par la prolifération de certaines espèces
animales au détriment d’autres. Il a fallu revoir le
principe même du fonctionnement de base de ces parcs, à
savoir la non intervention de l’homme qui s’est interdit
lui-même d’y cueillir une fleur, abattre un arbre ou
un lièvre.
Pour protéger certaines espèces, rétablir un
équilibre que l’on voulait naturel, il a bien fallu
intervenir en introduisant des loups ici, des lynx là-bas,
embaucher des chasseurs professionnels pour réduire les populations
malades d’animaux en surnombre détruisant toute la
flore des alpages, les forêts… L’homme a soudain
compris qu’il avait un rôle à jouer, qu’il
était capable de faire du bien à la nature.
Norman habite sur un territoire vaste de plusieurs dizaines de kilomètres
carrés, des milliers d’hectares qu’il sillonne
de long en large. Il y vit avec des animaux et il sait quelle part
revient à chacun : les loups mangent quelques élans
et caribous, les lynx des lièvres, les castors coupent des
arbres et les perdrix se nourrissent tout l’hiver de bourgeons
de saule, ce qui empêche leur prolifération. Les renards
mangent les perdrix et les corbeaux se contentent des restes. L’ensemble
des interactions entre les animaux, la flore et les paysages est
une vaste toile d’araignée aussi complexe que fabuleusement
organisée. Chacun y a sa place, son rôle. Aucune espèce
n’est nuisible.
Le trappeur regarde, analyse, intervient. Il est un prédateur
intelligent qui peut réguler de façon formidable les
populations puisqu’il est capable d’agir en fonction
des événements et de réduire ainsi les conséquences
de la prolifération d’un animal par rapport à
un autre.
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