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ans
les catastrophes écologiques du siècle, la déforestation
massive arrive en bonne position et les forêts boréales
ne sont malheureusement pas épargnées. La Colombie-Britannique,
province canadienne sublime située à la frontière
Sud de l’Alaska, en est un triste exemple.
Norman en sait quelque chose, lui qui a dû changer de territoire
à deux reprises. En effet, les coupes à blanc réalisées
dans des endroits de plus en plus reculés ont des conséquences
très fâcheuses pour l’environnement.
Dans un premier temps, les compagnies forestières tracent des
routes qui, même l’abattage et le débardage finis,
permettent d’atteindre ces lieux jusque là préservés
puisque difficiles d’accès. Sans compter qu’elles
laissent bien souvent derrière elles des baraquements et autres
constructions de fortune bâtis à la hâte pour les
ouvriers et les bûcherons, et qui ne sont pas démontés
car cela représente un coût inutile. Autant de plaies
qui défigurent des endroits jadis féeriques. Bien souvent,
ces terres appartenaient à des trappeurs comme Norman ou à
des Indiens qui avaient un droit de pêche et de chasse, qu’ils
demanderont à exercer plus loin moyennant dédommagement.
Cela recule d’autant les sanctuaires où les animaux parviennent
à vivre en toute tranquillité car, à la limite
de ces endroits dévastés, guides de chasse et de pêche
qui travaillent pour de riches clients venus de la planète
entière coloniseront de nouveaux territoires.
L’Homme crée le déséquilibre
Mais
la conséquence la plus directe est sans aucun doute la destruction
de tout un écosystème. Dans les coupes où rien
n’est replanté, les arbustes et autres baies colonisent
le sol. Grâce à cette abondance de nourriture, on va
assister dans quelques années à une belle augmentation
de la population d’ours noirs qui fera reculer d’autres
espèces, entraînant inévitablement un déséquilibre
dans la chaîne alimentaire tout entière. Ainsi, il arrive
fréquemment que les ours noirs, en surpopulation, posent de
gros problèmes dans les villes. Durant le seul été
1994, plus de deux cents d’entre eux ont été abattus
par la police dans les rues de Prince George ! Ils s’attaquaient
aux poubelles, tuaient des chiens, entraient dans les jardins : une
véritable invasion…
Dans d’autres cas, des plantations seront effectivement planifiées,
mais l’homme ne replante jamais à l’identique ce
qu’il a détruit. Souvent, une seule essence est privilégiée,
appauvrissant le sol. Le biotope définitivement bouleversé
n’accueillera plus jamais les espèces animales qui ne
peuvent survivre sans cette diversité, car il est ainsi fait
qu’une vie se nourrit d’autres vies. |
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